Frac, queue de pie et autres élégances : et si l’habit faisait vraiment le moine ?

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Aller à un concert de musique classique ou à l’opéra, c’est un peu comme remonter dans le temps. Les costumes de scène qui frétillent, les queues de pie qui virevoltent et les robes longues qui voltigent nous transportent loin, autant que la musique. Pour enfin découvrir pourquoi dans l’orchestre tout le monde est en noir et comment décrypter l’étiquette du costume, restez avec nous… On part en voyage !

Alternant sobriété et extravagance au fil des siècles et des époques, le costume a de quoi intriguer. Car oui, avant de porter des habits, on portait des costumes ! Ce n’est qu’après la Révolution française que les nobles abandonnent le pompeux costume de cour – pour éviter de se faire guillotiner par Robespierre ! – et se rabattent sur redingote, jaquette, pantalon et bottes en cuir, laissant aux femmes le privilège de quelques frous-frous. Au XIXe siècle, le confort et la sobriété sont de mise, surtout pour monter à cheval !

HABIT

Fidèle aux modes qui se succèdent et dont la noblesse anglaise est souvent à l’origine, la scène reflète les styles et les coquetteries de son public. Inspirée du vêtement des fonctionnaires et des officiers, la queue de pie, appelée parfois le frac, s’impose dès 1860 comme la tenue de soirée par excellence parmi les hautes sphères. Cette habitude nous vient d’Angleterre, où les nobles qui passaient leur journée au grand air préféraient se changer le soir avant de passer à table ! Pas étonnant alors qu’elle ait été adoptée lors des concerts de musique classique, destinés dans le temps à un public aisé et cultivé, tout aussi sensible aux prouesses musicales qu’à celles vestimentaires. Tenue emblématique du chef, la queue de pie habillera pendant longtemps l’orchestre tout entier. Obligatoirement noire et assortie de son gilet blanc et de sa « cravate blanche » (le nœud papillon !), la queue de pie est encore aujourd’hui la tenue officielle des heureux gagnants du prix Nobel. Et, pour l’anecdote, l’uniforme des étudiants du Eston College n’est autre que… le frac !

Autant sur la scène que dans la fosse de l’orchestre, les tenues de musiciens et chanteurs sont soumises à des règles étonnamment strictes. Mais, à la différence des blouses banches des médecins et des bleus des ouvriers, l’artiste n’est pas obligé d’endosser un uniforme : il embrasse plutôt une tradition centenaire. L’unité du chœur et l’esprit de corps de l’orchestre servent la musique de la meilleure façon qui soit : à l’unisson !

« L’habit noir est à la fois mortuaire et gai, il comporte le deuil et le sar­casme. On peut, sous un frac, être sérieux comme un maître de cérémonies et gracieux comme un Arlequin. Ce frac est de mise pour marcher derrière un cor­billard et pour donner le bras, au bal masqué, à la Folie en quête d’un souper. » Gustave Geffroy, 1923

Par Serena Benassu, publié le 05/05/2018

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